Pourquoi le plateau du Lassithi est un incontournable en Crète

Le plateau du Lassithi est une cuvette agricole de 25 km² perchée à 840 mètres d’altitude, cernée par le massif du Dikti, à une heure et quart de route d’Héraklion. C’est le seul endroit de Crète où l’on quitte totalement l’ambiance balnéaire sans quitter l’île.

On y accède par une route de montagne en lacets qui grimpe depuis la côte nord, franchit le col de Seli Ampelou vers 900 mètres, puis débouche d’un coup sur une plaine parfaitement plate, quadrillée de champs de pommes de terre et de vergers. Le contraste avec les stations de Malia ou d’Hersonissos, vingt kilomètres plus bas, est saisissant.

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Une plaine d’altitude cultivée depuis l’Antiquité

Le plateau doit sa fertilité à un sol alluvial et à une nappe très proche de la surface. Il est cultivé depuis l’époque minoenne, et les Vénitiens l’ont drainé au XVe siècle en creusant un réseau de canaux, le Linies, toujours visible entre les parcelles. Une vingtaine de villages en occupent le pourtour : Tzermiado, le plus important, Agios Georgios, Psychro, Plati, Magoulas, Kaminaki. La route qui en fait le tour mesure environ 25 kilomètres et se parcourt en une petite heure, arrêts compris.

Ce sont les moulins qui ont fait la réputation du lieu. Au début du XXe siècle, près de dix mille éoliennes à voiles de toile blanche pompaient l’eau pour irriguer les champs. Les pompes électriques les ont presque toutes remplacées et il ne reste aujourd’hui que des carcasses métalliques rouillées, quelques dizaines de modèles restaurés autour d’Agios Georgios et de Plati. Les vrais moulins en pierre, eux, se trouvent en haut du col de Seli Ampelou : ce sont d’anciens moulins à farine, alignés sur la crête, dont il subsiste une douzaine de tours.

La grotte de Psychro, berceau supposé de Zeus

Au-dessus du village de Psychro, à environ 1 025 mètres d’altitude, s’ouvre la grotte dictéenne, où la mythologie situe la naissance de Zeus, caché par Rhéa pour échapper à Cronos. Le site est bien plus qu’une légende : les fouilles y ont livré des offrandes votives du minoen moyen, doubles haches et statuettes de bronze, aujourd’hui au musée archéologique d’Héraklion.

Depuis le parking, comptez 800 mètres de sentier et quinze à vingt minutes de montée assez raide ; des ânes attendent ceux qui préfèrent éviter l’effort, moyennant une quinzaine d’euros. La visite elle-même se fait par un escalier en pierre qui descend à environ soixante-cinq mètres sous terre, jusqu’à un petit lac entouré de stalactites. L’entrée coûte 6 €, l’éclairage est correct mais le sol reste glissant : des chaussures fermées ne sont pas un luxe. Prévoyez une heure sur place, transfert compris.

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Les autres arrêts qui valent le détour

Le plateau se prête à une journée entière plutôt qu’à un passage éclair. Le musée du folklore d’Agios Georgios, installé dans une maison paysanne du XIXe siècle, montre l’intérieur d’une habitation crétoise avant l’électricité. Le monastère de Vidiani, en bordure de la route principale, et celui de Kroustallenia, sur un promontoire face à la plaine, se visitent librement. Sur le versant de Tzermiado, la grotte de Trapeza, moins équipée que celle de Psychro, occupait déjà un habitat néolithique. Les randonneurs, eux, montent au Spathi, point culminant du Dikti à 2 148 mètres, sur une journée complète depuis le plateau.

Y aller : voiture, bus ou excursion

Depuis Héraklion, la route la plus fréquentée passe par Hersonissos puis Potamies, Avdou et Kera — où l’on croise le monastère de Kera Kardiotissa — avant le col : environ 60 kilomètres et 1 h 15 de conduite, un peu plus si l’on s’arrête. Depuis Agios Nikolaos, comptez 45 kilomètres et une heure par Neapoli. La voiture de location reste la solution la plus souple ; les bus KTEL desservent le plateau depuis Héraklion, mais avec deux liaisons quotidiennes en haute saison seulement et près de deux heures de trajet.

Beaucoup de voyageurs intègrent le Lassithi dans un itinéraire plus large, entre Cnossos, la côte est et le golfe de Mirabello. Les agences qui montent des circuits organisés en Grèce le combinent généralement avec la vallée de Katharo ou la descente vers la plaine de la Messara, ce qui évite de refaire deux fois la même route de montagne dans la journée.

La bonne saison et quelques précautions

Le plateau se visite idéalement d’avril à juin, quand les champs sont verts et les amandiers en fleur, ou de septembre à octobre, à la récolte des pommes de terre. En juillet et en août, l’altitude offre 8 à 10 °C de moins que sur la côte, un vrai confort en pleine canicule, mais les bus d’excursion arrivent en nombre entre 10 h et 13 h. L’hiver, la neige n’est pas rare et une partie des tavernes ferme.

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Une dernière remarque, souvent utile : les stations-service sont rares une fois passé le col, et la couverture mobile est irrégulière au fond de la cuvette. Faire le plein à Hersonissos et télécharger l’itinéraire avant de monter évite quelques contrariétés.

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